mardi 9 décembre 2014

la vie


La pêche aux canards, ça résume bien l'existence, on paie quatre euros pour démontrer sa compétence, et on part avec une babiole qui vaut trente centimes. On le sait, mais on trouve ça joli.

"Les ensoleillés" de Joël Egloff

 12h27mn03s...

"Au milieu de tous ces gens qui dévisageaient le Soleil, on était deux têtes en l'air à avoir oublié nos lunettes, et tout était gâché. On regardait nos pieds, on regardait les gens regarder, et la lumière qui changeait le monde. Et puis on est tombés l'un dans les yeux de l'autre, parce qu'on savait pas où regarder. Et là, on a tout vu. L'avenir tout rose, les couchers de soleil de feu, les vécurent heureux et les beaucoup d'enfants.
On a tout fait pour se rapprocher, pour s'accrocher, mais quand tout est redevenu comme avant, quand tout le monde a baissé les yeux, on a fait comme tout le monde; on a baissé les yeux, nous aussi. Et la foule s'est dispersée, et chacun est rentré chez soi, le regard allumé; et nous aussi, la mort dans l'âme."


C'est drôle j'ai lu ce folio poche et je l'ai laissé plusieurs années prendre la poussière près de mon lit. Je recopie pour ne plus perdre ce texte, j'aime son écriture limpide, et pour moi ça résonne avec "Spectateurs".